Comment déterminer les valeurs optimales de vieux arbres et de bois mort ?
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Parc National de Bialowieza Photo: Ralf Lotys (Wikipedia, GNU Free Documentation License)
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Le Pic tridactyle est très étroitement lié à l'épicéa. Il nécessite au moins 15 m3/ha de bois mort sur pied. Photo: Jakob Zmölnig
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Il existe différentes
approches pour estimer les quantités de vieux arbres et de bois mort
nécessaires au maintien de la biodiversité :
Observer des forêts naturelles
Il est possible de mesurer les
volumes et de caractériser les structures que l’on trouve dans les forêts naturelles:
ces données caractérisent les conditions dans lesquelles les espèces
saproxyliques se sont développées et qui leur sont favorables. Elles
fournissent également un point de comparaison avec les forêts exploitées. Cette démarche comporte des limites car de telles observations sont difficiles à réaliser dans les forêts tempérées d’Europe qui
portent presque toutes la marque d’une gestion passée.
Il existe cependant encore quelques sites «exemplaires»,
dont :
- La réserve intégrale du Parc
National de Bialowieza en Pologne en est un. Dans les forêts naturelles de
Bialowieza, on a mesuré de 52 à 94 m3/ha de bois mort au sol (Kirby
et al. 1991).
- Dans la forêt de Fontainebleau (près de Versailles), quelques parcelles non exploitées ont été délimitées comme réserve totale, ce qui signifie que le forestier laisse la végétation évoluer sans intervention. L'une d'elles la Tillaie, couvre 34 ha et les hêtres y atteignent 220 à 270 ans. Sur cette petite surface préservée depuis 1953, les très vieux arbres s'écroulent sur place et pourrissent lentement. On y a mesuré de 90 à 145 m3/ha de bois mort.
Suivre les besoins des organismes saproxyliques
Il est possible d’estimer
les volumes de vieux arbres et de bois mort nécessaires pour couvrir les
besoins de certaines espèces particulièrement menacées ou/et fortement liées à
leur présence. On appelle «valeur
seuil» la quantité de bois mort minimale pour la présence d’une
espèce, (par exemple le Pic tridactyle, voir ci-dessous) d’un groupe (par
exemple les insectes saproxyliques) ou d’un cortège d’espèces (biodiversité).
a) Valeur seuil pour le Pic tridactyle
La valeur seuil
correspondant à la présence du pic tridactyle s’élève à 15 m3 de bois mort sur pied par hectare. Il
s’agit d’une valeur déterminée pour une forêt de conifère, dominée par l’épicéa. Les besoins de cette espèce ont été largement étudiés pour différentes raisons :
- le Pic tridactyle joue un rôle clé dans les
vieilles forêts car les cavités qu’il façonne dans les arbres, serviront
ensuite d’habitat pour d’autres espèces.
- il est très exigeant en terme de besoins
écologiques; ce qui signifie que s’il rencontre de bonnes conditions de vie, ce
sera également le cas pour de nombreuses autres espèces, moins demandeuses.
b) Quelques autres exemples
De nombreuses études
se sont intéressées à déterminer les valeurs seuils de différents autres
groupes taxonomiques. Quelques exemples sont donnés dans le tableau
ci-dessous :
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Type de forêt
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Pays-région
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Groupe taxonomique
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Valeur seuil
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Référence
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Forêts de montage
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Allemagne
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lichen
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127 m³/ha
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Moning, 2009
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Forêts de montage
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Allemagne
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mousses
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17 m³/ha (conifères)
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Moning, 2009
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Hêtraie
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Europe
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Faune du sol
(decomposition de la litière)
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>20 m³/ha (bois
mort au sol) (=30 m³/ha de volume total)
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Kappes et al., 2009
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Hêtraie
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Allemagne
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Espèces
saproxyliques de la liste rouge
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29 m³/ha
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Müller and Bussler, 2008
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Hêtraie
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Allemagne
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Champignons corticoles
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61 m³/ha
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Müller et al., 2007
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Documents et liens utiles
- Bütler, R., Angelstam, P., Ekelund, P. & Schlaepfer,
R. (2004). Dead wood
threshold values for the three-toed woodpecker presence in boreal and
sub-alpine forest. Biological Conservation 119(3): 305-318. (PDF, 324 ko)
- Kappes, H., Jabin, M.,
Kulfan, J., Zach, P. & Topp, W. (2009). Spatial patterns of litter-dwelling taxa in
relation to the amount of coarse woody debris in European temperate deciduous
forests. Forest Ecology and Management 257, 1255-1260.
- Kirby, K.J., Webster,
S.D. & Antczack, A. (1991). Effects of forest management on stand structure and quality of fallen
dead wood: some British and Polish examples. Forest ecology and management, 43: 167-174.
- Moning, C.
(2009). Naturschutzstandards für Bergmischwälder. Forschungsberichte aus dem
Nationalpark.
- Müller, J.,
Engel, H. and Blaschke, M. (2007). Assemblages of wood-inhabiting fungi related to silvicultural management
intensity in beech forests in southern Germany. European Journal of Forest Research
126, 513-527.
- Müller, J.
and Bussler, H., 2008. Key factors and critical thresholds at stand scale for
saproxylic beetles in a beech dominated forest, southern Germany. Rev. Écol. (Terre Vie) 63, 73-82.