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Arbre-habitat magnifique. Photo: Rita Bütler (WSL) |
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Le Pic épeiche (Dendrocopos major) trouve sa nourriture composée majoritairement d'insectes sur des arbres sénescents et morts. Photo: Marek Szczepanek (Wikipedia, GNU Free Documentation License) |
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La Rosalie des Alpes (Rosalia alpina) a besoin du bois de Hêtre fraîchement mort. Photo: Thomas Reich (WSL) |
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Le Murin de
Bechstein (Myotis bechsteinii), espèce de chauve-souris forestière, apprécie particulièrement les
cavités et les arbres creux comme gîte durant la période estivale. Photo: www.centroregionalechirotteri.org |
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Groupe de champignons et une espèce de mousse sur bois mort. Photo: Thomas Reich (WSL) |
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Les vieux arbres et le bois mort représentent une composante très importante de l’écosystème forestier car ils sont impliqués dans le cycle de vie de nombreux organismes. Il peut s’agir d’habitat pour les oiseaux nichant dans les cavités des vieux troncs ou pour les larves d’insectes se développant dans le terreau de ces mêmes cavités. Il peut également s’agir de source de nourriture, sous la forme d’éléments nutritifs pour les champignons corticoles ou sous la forme de garde-manger rempli d’insectes pour les oiseaux. Cette diversité de fonctions et d’organismes liés aux vieux arbres et au bois mort trouve une de ses explications dans la grande variété de formes qui les caractérisent. Ce chapitre vous propose un petit tour d’horizon.
Pour assurer le maintien de la biodiversité liée aux vieux arbres et au bois mort, il est nécessaire que cette ressource soit présente en quantités suffisantes pour une longue durée. La situation actuelle dans les forêts de Suisse et d’Europe montre souvent un déficit en bois mort
Les organismes dépendant des vieux arbres et du bois mort font très majoritairement partie de 6 différents groupes d’organismes : les oiseaux, les insectes, les mammifères, les champignons, les bryophytes et les lichens.
Les cavités des vieux arbres offrent des
ressources alimentaires ainsi que des lieux de repos et de reproduction pour un
grand nombre d’espèces d’oiseaux. Les
oiseaux cavicoles (vivant dans les cavités) sont divisés en deux catégories
d’espèces : d’une part, celles qui creusent elles-mêmes leur loge, comme
les pics, et que l’on appelle cavicoles
primaires. D’autre part, celles qui s’installent dans les cavités déjà
existantes, ce sont les cavicoles
secondaires. Ces derniers comptent beaucoup d’espèces : chouettes,
sittelles, mésanges, gobe-mouches, rouges queue…. La présence et la taille des
populations d’oiseaux sont dépendantes de la densité des cavités présentes dans
une forêt. pour en savoir plus
Les insectes utilisent surtout le bois comme ressource alimentaire à leur stade larvaire. Mais seul un petit nombre d’espèces sont capables d’attaquer le bois frais et de s’en nourrir. La majorité des insectes le mangent sous forme partiellement décomposée par des bactéries ou des champignons. Les coléoptères atteignent 95% de la biomasse des invertébrés saproxyliques. Ils sont particulièrement liés aux vieux arbres et au bois mort car leurs larves s’y développent. Le régime alimentaire des larves de coléoptères prend différentes formes:
| Stade | Régime | Ressource |
| Larves | Xylophage | Bois frais |
| Larves | Saproxylophage | Bois carié |
| Larves et adultes | Mycétophage | Champignons lignicoles dont symbiontes |
| Larves et adultes | Zoophage | Faune saproxylique |
| Larves et adultes | Détritiphage | Déchets (animaux) divers |
| Larves et adultes | Opophage | Sève (écoulements) |
| Adultes | Anthrophage | Fleur (nectar et pollen) |
| Adultes | Aphage |
Aucune (les aphages ne se nourissent pas) |
Le bois mort joue
également le rôle d’habitat. C’est le cas pour plusieurs espèces de fourmis et d’abeilles sauvages qui creusent leurs galeries
dans le bois.
| Stade | Guilde | Habitat |
| Larves et adultes | Corticoles | Ecorce |
| Larves et adultes | Lignicoles ou Xylophiles | Bois intègre |
| Larves et adultes | Saproxylophiles | Bois carié |
| Larves et adultes | Microcavernicoles ou cavicoles | Cavités du bois |
| Larves et adultes | Fongicoles ou Mycétophiles | Carpophores |
| Larves et adultes | Parasites | Hôtes |
| Larves et adultes | Succicoles | Suintements de sève |
| Adultes | (Floricoles) | (Fleurs) |
Parmi les mammifères, le groupe le plus important lié aux vieux arbres et au
bois mort, est celui des chauves-souris
dont certaines espèces sont particulièrement dépendantes de la forêt, y compris
comme zone refuge (Noctule commune (Nyctalus noctula), Noctule de Leisler (Nyctalus leisleri), Murin de Bechstein, (Myotis bechsteinii)). Ce sont des cavicoles secondaires. D’autres espèces moins
spécialisées, telles que le campagnol roussâtre (Clethrionomys glareolus) ou le mulot à collier (Apodemus
flavicollis) occupent
préférentiellement les surfaces garnies de branchages, de troncs et de souches. Le bois mort est également profitable à la martre (Martes martes), à l’écureuil (Sciurus vulgaris) ou au loir (Glis glis), cavicoles secondaires qui apprécient également les troncs au sol comme refuge et terrain de chasse.
Les organismes xylophages ne sont pas nombreux : seuls certains insectes, des bactéries et des champignons, principalement des polypores (dont fait partie l’Amadouvier), sont capables de digérer le bois. D’où le rôle très important joué par ces derniers qui le font grâce à la sécrétion de nombreuses enzymes. On appelle «pourriture» l’attaque du bois par les champignons et on en distingue deux types principaux : les pourritures brunes concernent les champignons qui sont capables d’attaquer la cellulose mais non la lignine alors que les pourritures blanches correspondent à ceux qui sont aptes à dégrader les deux. Les champignons corticoles constituent également un habitat pour différentes autres espèces saproxyliques. pour en savoir plus
Les bryophytes (dont font partie les mousses) sont de bons colonisateurs des vieux arbres et du bois mort. Ils sont capables de pousser sur l’écorce et s’intègrent dans la succession des plantes présentes durant la décomposition de l’arbre. On dénombre généralement quelques dizaines d’espèces de bryophytes liées aux vieux arbres et au bois mort.
Les mousses ont
également des fonctions d’habitat et de garde-manger pour d’autres espèces
saproxyliques. pour en savoir plus
Les lichens, symbioses d’une algue et d’un champignon, sont des organismes pionniers qui possèdent une grande capacité de résistance à la sécheresse. Ils sont capables de coloniser des substrats pauvres en substances nutritives tel que le bois mort, car c’est l’algue symbiotique qui fournit les nutriments nécessaires en les tirant majoritairement de l’air par photosynthèse. Ils ne décomposent donc pas le bois contrairement aux champignons. Certaines espèces de lichens peuvent même sécréter des acides qui freinent ou empêchent la croissance d’autres organismes concurrents tels que les champignons.
Deux groupes de lichens dominent sur le bois mort : les crustoses et les macrolichens. Les crustoses poussent sous forme de croûtes autant sur les arbres morts debout que couchés. De petites tailles et discrets, il faut se munir d’une loupe pour les observer : ex. Calicium glaucellum, Chaenotheca brachypoda, Chaenotheca trichialis.
Sur le bois mort au sol et sur les souches, les crustoses se partagent le substrat avec les macrolichens : ex. Cladonia digitata, Cladonia macilenta, Cladonia squamosa. Les macrolichens, de plus grande taille et plus voyants que les crustoses, semblent dominer. Mais les crustoses sont toujours présentes si l’on se donne la peine de les chercher.
Les lichens ont également des fonctions d’habitat et de garde-manger pour d’autres espèces saproxyliques. pour en savoir plus